La convention relative aux zones humides d’importance internationale a été adoptée le 2 février 1971 dans une ville iranienne nommée Ramsar, et est entrée en vigueur le 21 février 1975.
Elle se fonde sur l’importance reconnue des fonctions écologiques fondamentales des zones humides en tant que régulateurs du régime des eaux et en tant qu’habitats d’une flore et d’une faune caractéristiques dont les oiseaux d’eau.
La Convention a pour objectif la conservation des zones humides, de leur flore et faune notamment en enrayant les empiètements progressifs dont elles font l’objet par la conjugaison des politiques nationales à une action internationale coordonnée.
Convaincue de l’importance des zones humides à travers son Delta Intérieur du Fleuve Niger et de la nécessité de protéger la diversité biologique de ce riche patrimoine menacé dans son ensemble, la République du Mali a adhéré officiellement à la convention en Juillet 1985 suivant la lettre n° 76/AMP-SG du 10-07-85 du délégué permanent du Mali auprès de l’UNESCO qui est le dépositaire de la Convention.
Grâce à l’appui de l’UICN (Union Mondiale pour la Nature), trois (3) sites d’une superficie de 162.000 ha (soit 1.620 km²), tous situés dans le Delta ont été inscrits sur la liste de RAMSAR, à savoir : le lac Waldado – Débo avec ses 103.100 ha , la plaine de Séri ( 40.000 ha ) et le lac Horo (18.900 ha).
Avec la désignation de ces sites comme habitats des oiseaux d’eau, la Mali a finalement ratifié la convention des zones humides le 25 mai 1987, et est devenu membre le 25 septembre 1987.
Depuis cette date de nombreuses initiatives ont été prises en faveur de ces écosystèmes aquatiques par l’Administration forestière en collaboration avec ses partenaires (UICN, Wetlands International, AMCFE, Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage de France), notamment :
- l’Union Mondiale pour la Nature (UICN) dans le Delta Intérieur du Niger qui de
1994 à nos jours a développé trois programmes majeurs, qui ont eu pour effets la production de connaissances sur l’écologie du Delta, la conservation et la restauration régénération des forêts d’acacia kirkii d’Akkagoun (178 ha) et de Dentaga (399 ha), la création de pâturages aquatiques (216 ha), le renforcement des capacités des populations et des services techniques d’appui, l’élaboration de plans de gestion et d’aménagement des deux forêts précitées, et des conventions locales de gestion de forêts, de bourgoutières et de pêcheries.
- Wetlands International (WI) intervient également dans le Delta, pour le suivi des oiseaux d’eau, la formation des populations et des cadres techniques sur la biodiversité ;
- Le PNUD/PPS-FEM apporte un appui aux ONG nationales œuvrant dans le
domaine des zones humides, et à la DNCN pour l’inventaire et le suivi des
lamantins au Mali.
Les zones humides du pays souffrent du bouleversement du régime hydrologique naturel des bassins des fleuves Niger, Sénégal et Volta , d’une forte pression anthropique (pêche, déboisement) et animale. Il s’y ajoute l’absence de cadre concerté d’intervention, pour canaliser les actions des différents intervenants. Par ailleurs, le potentiel productif de ces zones reste méconnu.
Pour pallier ces insuffisances et satisfaire les recommandations de la Convention de Ramsar, le Mali se propose d’élaborer une politique nationale pour les zones humides avec l’appui de ses partenaires. Celle-ci vient renforcer les nombreuses mesures prises par les autorités maliennes concourant à l’utilisation et la gestion durable de ces écosystèmes.
• Du point de vue institutionnel, les structures et institutions qui s’intéressent à la gestion des zones humides sont multiples et de natures diverses. Elles relèvent de l’Assemblée Nationale, du Haut Conseil des Collectivités, du Ministère de l’Environnement, du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau, et des ONG Internationales (UICN, Wetlands International) et Nationales (AMCFE).
• Du point de vue Juridique : l’adoption de plusieurs actes juridiques, reflète une réelle volonté politique en la matière. Ces actes sont constitués des engagements internationaux (Actes, Traités, et Conventions), et la législation nationale (constitution, code domanial et foncier, code de l’eau, lois fixant les conditions de gestion de la faune et son habitat, de la pêche et la pisciculture, et des ressources forestières, la charte pastorale et la loi relative aux pollutions et nuisances).
Au Mali, les zones humides incluent toutes les aires occupées de façon permanente ou temporaire par des eaux de surface et les ressources biologiques qui y sont liées.
Elles comprennent les fleuves, les rivières, les lacs, les mares, les plaines d’inondation, les oasis, les retenues de barrage, les périmètres irrigués.
Le territoire national du Mali est traversé par les deux plus grands fleuves de l’Afrique de l’ouest et leurs affluents à savoir le Niger et le Sénégal. L’essentiel des activités économiques se déroule dans les bassins de ces grands cours d’eau et concerne l’agriculture, l’élevage, la pêche, la cueillette, le transport fluvial, et la production d’énergie.
Les mares et les lacs (Niangaye, Do, Faguibine…..) sont des milieux naturels très productifs et des sources de nourritures qui ont joué et continuent de jouer un rôle important dans la vie socio-économique et culturelle des communautés riveraines.
Au Mali, la grande majorité des communautés ont accès aux zones humides pour la satisfaction de leurs besoins vitaux mais leur degré de dépendance vis à vis de ces zones varie beaucoup d’une région à une autre. Dans le sud les populations sont sédentaires et se sont installées à proximité des zones humides permanentes tandis que dans le nord les populations nomades se déplacent entre les lacs, mares et oasis à la recherche de conditions de vie favorables selon les saisons.
Le Mali a acquis une longue expérience en matière de réalisations d’ouvrages de maîtrise d’eau pour la production d’énergie et l’irrigation dans le cadre de l’exploitation des zones humides. C’est le cas de Markala, de Sélingué et de Manantali. Ces grands ouvrages tiennent une place primordiale dans l’économie nationale du pays.
Plusieurs zones humides du Mali constituent des quartiers d’hivernage des oiseaux migrateurs et des centres de conservation de la diversité biologique, notamment le Delta Intérieur du Niger. Elles offrent l’habitat pour plusieurs espèces de valeur appartenant à la faune (hippopotame, lamantin, crocodile, grue couronnée, etc.) et à la flore (bourgou, riz sauvage, nénuphar, etc.)
Compte tenu de leur richesse biologique, les zones humides attirent vers elles plusieurs groupes d’exploitants : pêcheurs, chasseurs, pasteurs, agriculteurs, venant le plus souvent d’horizons diverses. Il en résulte des foyers de dégradation de l’environnement qui contribuent à la perte des fonctions écologiques de ces zones humides.
Le fonctionnement des zones humides dépend de l’importance des précipitations, des crues et des prélèvements d’eau.
L’ensablement conjugué à la surexploitation des ressources constitue un facteur de dégradation constante des zones Humides.
Le maintien des caractéristiques écologiques et l’utilisation rationnelle devront être des passages obligés pour une meilleure conservation des zones humides au Mali.
Au Mali, on rencontre deux (2) types de zones humides :
Eau douce (alluvial) : rivières et cours d’eau permanents ou saisonniers et réguliers, lacustre : lacs d’eau douce permanents ou saisonniers, étang d’eau douce permanent etc.…, palustre : lacs d’eau douce saisonniers, plaines d’inondation, marais et marécages d’eau douce permanent sur substrat inorganique avec végétation émergente, forêts saisonnièrement inondées, etc.…
Zones humides artificielles : étangs d’aquaculture y compris bassins de pisciculture, bassins d’élevage de crevettes, étangs agricoles, de bétail, terres irriguées et canaux d’irrigation, y compris rizières, terres arables inondées saisonnièrement, bassins d’eau usée des mines, zones de traitement des eaux usées y compris terrains d’épandage, bassins de décantation et bassins d’oxydation, zone de stockage des eaux : réservoir pour l’irrigation et / ou la consommation humaine avec une baisse graduelle, saisonnière du niveau d’eau, retenues de barrages hydroélectriques avec des fluctuations irrégulières, hebdomadaires ou mensuelles du niveau d’eau.
Au Mali, le Delta intérieur du Niger et d’autres zones humides comme les barrages de Sélingué et Manantali sont les milieux naturels les plus productifs. Ils jouent un rôle primordial dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes et dans le développement socio-économique de toute la nation.
Cependant l’utilisation et la planification des zones humides dans notre Pays soulèvent beaucoup d’interrogations à cause des multiples contraintes qui y sont liées. Ces contraintes sont de deux ordres : celles provenant des aléas climatiques et celles provenant de la surexploitation des ressources par l’homme.
Les zones humides au Mali sont constituées des bassins fluviaux, des écosystèmes lacustres et de marais et les écosystèmes oasiens. 
Les problèmes au niveau des écosystèmes humides sont d’ordre physique, liés à la grande variabilité climatique et anthropique à savoir la forte pression humaine exercée sur les ressources de ces écosystèmes (forestières, halieutique et foncières).
De l’analyse de la situation au niveau de ces écosystèmes, les questions clés ressorties sont : la grande variabilité climatique, l’ensablement, l’alimentation en eau des zones humides, les questions de santé liées à l’eau et la pollution, la conservation, gestion et exploitation de zones humides et la connaissance du potentiel des zones.
Conscients de cette situation, et compte tenu de l’importance de ces écosystèmes dans la vie socio- économique et culturelle du pays, le Gouvernement et ses partenaires ont posé des actions de correction et de réponses, qui peuvent ainsi être résumées comme ci-dessous.
Au niveau international et sous régional :
Conscient des enjeux de la problématique de la gestion des zones humides et de leurs ressources, des principes du droit international et des ses engagements internationaux, la République du Mali a adhéré aux organisations et programmes sous-régionaux suivants :
- Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) en 1972 ;
- Autorité du Bassin du Niger (ABN) en 1980 ;
- Autorité pour le Développement Intégré de la Région du Liptako- Gourma (ALG) en 1970 ;
Dans le même temps, des accords bilatéraux le lient avec la Guinée et le Niger dans le cadre du fleuve Niger et de ses affluents.
Pour le bassin du fleuve Sénégal, l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) a mis en place au Mali une partie de l’infrastructure de régularisation du fleuve (barrage de Manantali) et une cellule nationale de coordination des activités de mise en valeur du fleuve.
Pour ce qui concerne le bassin du fleuve Niger, le Mali a procédé à la création de l’Agence du bassin du fleuve Niger (Ordonnance N°02 – 049/P- RM du 29 mars 2002) qui a pour mission la sauvegarde du fleuve Niger, de ses affluents et de leurs bassins versants, sur le territoire de la République du Mali et la gestion intégrée de ses ressources.
En outre, il a été crée conformément au Code de l’eau, un organe consultatif et de coordination dénommé Comité du Bassin du Niger Supérieur (Arrêté interministériel N°02 –878/MMEE/MATCL du 04 septembre 2002).
Le Mali s’est beaucoup investi dans la ré- dynamisation de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), outil privilégié et indispensable de coopération sous régionale en matière de gestion intégrée des ressources en eau du fleuve Niger. 
Pour le bassin de la Volta, il n’y a pas d’organisme de bassins ni au niveau national ni au plan international ; néanmoins, le Mali participe aux initiatives récentes tel que le projet FEM - PDF/B, « gestion intégrée du bassin du fleuve Volta ».
Au plan législatif et réglementaire, le Mali a signé et ratifié plusieurs conventions, accords et traités sur la gestion durable des zones humides et des ressources en eau en général. Parmi ces conventions, on peut citer : Ramsar, la CDB, la CCD etc.
Au niveau national, le Mali a procédé à la création d’un code de l’eau, avec des comités de bassins ou de sous - bassins, qui ont pour mission de garantir une gestion concertée des ressources à l'échelle du bassin ou du sous- bassin.
Les rôles des structures étatiques chargés de la gestion des ressources en eau ont été définis : DNHE, Direction Nationale de la Météorologie, DNAER, DNMR, DNCN etc.
De grands projets ou programmes sont en cours, notamment :
- GIRE (Volet du PNIR) : Projet de gestion intégrée des ressources en eau ;
- Programme GIRENS : Gestion Intégrée des ressources en eau du Niger supérieur ;
- Programme : Gestion Hydro Ecologique du Niger Supérieur (GHENIS), qui est un programme sous régional (Guinée Mali) soutenu par les Pays Bas.
- Le Projet de lutte contre l’ensablement du fleuve Niger dans les régions de Tombouctou et de Gao.
Actions des communautés et collectivités territoriales :
Elles tirent l’essentiel de leurs ressources de ces zones humides. A ce titre, elles sont responsables de la bonne gestion et de la conservation des zones humides. De façon traditionnelle, mais aussi avec l’appui des services techniques, des ONG, ces communautés ont développé des stratégies de gestion et de conservation, qui ont fait leurs preuves certes (interdictions religieuses, cultes, totems, conventions locales), mais elles ont aussi montré leurs limites.
Conscientes des enjeux des zones humides, et pour une meilleure gestion de leurs ressources, plusieurs communautés locales ont procédé à l’élaboration de conventions locales, de plans de gestion et/ou d’aménagement de leurs zones humides et de leurs ressources. Elles sont aidées en cela par des ONG nationales ou internationales oeuvrant dans ce sens. La loi sur la décentralisation en responsabilisant les collectivités territoriales sur leurs domaines a favorisé l’établissement de ces outils de gestion locale des ressources dans les zones humides.
Actions des ONG et Organisations Internationales :
Plusieurs ONG nationales et internationales interviennent auprès de l’Etat et des collectivités pour la gestion durable des ressources des zones humides au Mali.
Ces actions sont très variables et couvrent plusieurs domaines, notamment :
- La formation et la sensibilisation ;
- L’appui à l’élaboration de conventions locales de gestion, de plans de gestion ou d’aménagement des ressources naturelles dans les zones humides ;
- La maîtrise de l’eau avec la création de petits barrages et retenues d’eau (plus de 500 petits barrages et de nombreux aménagements de bas-fonds ont été réalisés, souvent avec l’aide des ONG).
Dans ce cadre, on peut citer entre autres, les actions de :
- ONG AMCFE (avec l’appui du Comité UICN des Pays Bas) sur le lac Maguy.
- Walia GAE pour l’éducation environnementale dans le Delta ;
- NEF sur le lac Korientzé ;
- GDRN5 dans la région de Mopti ;
- AMPROS, Sahel autour de la plaine de SERI
- AMPRODE Sahel autour des mares sacrées de crocodiles dans la région de Sikasso ;
- Groupe d’Action pour la Sauvegarde du Fleuve Niger : autour du fleuve Niger
- TAMALA : Bourgoutières dans la région de Gao ;
- Association Malienne des Amis du fleuve Niger : Protection des lamantins Koulikoro ;
- Association AGIR : Lutte contre les plantes envahissantes dans le fleuve Niger
Au niveau des ONG internationales, on notera les interventions de :
L’Union Mondiale pour la Nature (UICN) dans le Delta Intérieur du Niger : De 1994 à nos jours, l’UICN a développé dans le Delta trois programmes majeurs, qui ont eu pour effets majeurs, la production de connaissances sur l’écologie du Delta, la conservation et la restauration régénération des forêts d’acacia kirkii d’Akkagoun (178 ha) et de Dentaga (399 ha), la création de pâturages aquatiques (216 ha), le renforcement des capacités des populations et des services techniques d’appui, l’élaboration de plans de gestion et d’aménagement des deux forêts , et des conventions locales de gestion de forêts, de bourgoutières et de pêcheries.
Le dernier projet de l’UICN « Appui à la gestion des zones humides (PZH – 1999-2002), s’inscrit dans la mise en œuvre des conventions internationales signées par le Mali, notamment la Convention de Ramsar, et appuie en cela l’Etat malien à s’acquitter de ses obligations au titre de ce traité et de la convention sur la Biodiversité.
Wetlands International intervient également dans le Delta, pour le suivi des oiseaux d’eau, la formation des populations et cadres techniques sur la biodiversité ;
Le PNUD/PPS- FEM apporte un appui aux ONG nationales oeuvrant dans le domaine des zones humides, et à la DNCN pour l’inventaire et le suivi des lamantins au Mali ;
La FAO, pour l’appui à l’inventaire des reptiles d’intérêt économiques (Varan du Nil et le Python).
Institutions de recherche et de formation :
Elles appuient l’amélioration des connaissances sur les zones humides, leurs ressources et leur fonctionnement. Oeuvrent dans ce domaine, l’Institut d’Economie Rurale (IER), le Centre National de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST), Université de Bamako et les Grandes Ecoles avec l’élaboration de mémoires, thèses et articles scientifiques sur les zones humides, l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) avec différentes études, et des modèles mathématiques sur le fleuve Niger, et l’expertise collégiale sur le fleuve Niger etc.
Ces institutions constituent des partenaires incontournables dans le cadre d’une gestion durable des zones humides au Mali.
Partenaires au développement :
Plusieurs partenaires au développement, bilatéraux et multilatéraux accompagnent le Mali dans la conservation et la gestion des zones humides, notamment :
- Bilatéraux : Pays Bas, France, Suisse, Danemark, Japon, Allemagne, Norvège pour l’approvisionnement en eau potable etc.
- Multilatéraux : ACDI, PNUD (connaissance des ressources), Banque Mondiale, FED, UE, BID, BADEA, BAD etc.
Documentation
Plan d'Action National de Gestion des Zones Humides 2004_2008
Politique nationale des zones humide, juin 2003
Rapport Inventaire et caractérisation des zones humides 2003
Rapport Inventaire et caractérisation des zones humides 2006
Rapport Inventaire et caractérisation des zones humides 2006 Suite
Synthèse politique zones humides
Site PAZU :www.pixelasarl.com/mhmali
Le rapport ici
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Visitez : http://www.unccd.int/prais/
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